Peu de gens peuvent dire qu’ils vivent à l’endroit dont ils rêvent, mais Gaile Juknyte (@7vensuns) le peut. Cette passionnée de voyages a suivi son désir d’explorer le monde dès qu’elle a pu et n’a jamais regardé en arrière. Il y a deux ans et demi, elle s’est installée à Bali et y a trouvé sa source d’inspiration idéale. Qu’elle capture la nature environnante ou les gens, son travail de photographe est une véritable invitation à s’arrêter un instant pour contempler le monde.

Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur vous ? Quel âge avez-vous et d’où venez-vous ? 

J’ai 28 ans et je suis originaire de Lituanie, mais j’ai quitté mon pays à l’âge de 18 ans. On peut dire que j’ai vécu à l’étranger pendant presque toute ma vie d’adulte ! J’ai étudié la photographie à Londres et j’y ai vécu pendant huit ans avant de m’installer à Bali.

Qu’est-ce qui vous a amené à Bali ? Outre les paysages de rêve, bien sûr !

Je voulais poursuivre ma passion pour l’art et quitter Londres et la vie urbaine. Venir ici est un grand accomplissement pour moi, cela signifie que j’ai réussi à faire de Bali ma maison de rêve depuis deux ans et demi. Cela m’a pris du temps, mais j’ai réussi, et je suis super heureuse !

Vous n’aviez que 18 ans lorsque vous avez décidé de partir à l’étranger, qu’est-ce qui a motivé votre décision ?

Lorsque j’étais en Lituanie, j’ai très vite compris que je ne voulais pas suivre le style de vie stéréotypé, sûr et sécurisé, que la société nous oblige en quelque sorte à suivre. Sans vouloir offenser les choix des autres. Par exemple, mon père a toujours rêvé que je devienne avocate. Mais j’ai toujours voulu faire ce que je voulais, et surtout, ce que j’aimais.

C’est dans cet esprit que j’ai commencé à chercher les possibilités d’étudier l’art. Malheureusement ces formations sont assez rares, plutôt axées sur la théorie et n’ont pas la meilleure réputation en Lituanie. De nombreuses personnes qui choisissent la voie artistique finissent par avoir un petit boulot à côté pour payer leurs factures. Je me suis lié d’amitié avec une fille rencontrée via internet, par l’intermédiaire d’une galerie en ligne, et elle m’a parlé du programme artistique auquel elle participait à Londres, à l’université Middlesex. J’ai fini par y étudier pendant trois ans.

Connaissiez-vous un peu Bali avant d’y arriver ? 

Pas vraiment. Je ne connaissais que quelques personnes sur place par le biais des médias sociaux. J’ai visité Bali pour la première fois en 2017 pendant environ deux semaines pour terminer un voyage de quatre mois à travers l’Asie du Sud-Est. Je savais donc à quoi m’attendre en termes de paysages et je savais à quel point la beauté de Bali me ferait chaud au cœur.

 

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Quels sont vos trois endroits préférés à photographier à Bali, et pourquoi ? 

Honnêtement, il y en a tellement ! Je pense que l’une des choses qui rendent Bali si formidable est la diversité de ses régions.

Il y a un endroit appelé Sidemen, au centre de Bali, où se trouve le volcan Agung, et il y a plusieurs façons d’y accéder. Si vous y allez au lever ou au coucher du soleil, vous pouvez assister à des moments très poétiques, avec le brouillard qui plane autour des rizières et le soleil qui traverse les arbres. Chaque fois que j’ai besoin d’inspiration et que je me rappelle pourquoi j’aime Bali, je m’y rends pour quelques jours. C’est un endroit paisible où l’on peut être entouré par la nature et un excellent moyen de voir comment vivent les Balinais. Cet endroit ne cesse de m’étonner.

Mon deuxième endroit préféré est Ubud. J’y ai vécu pendant un an et demi. On y trouve une multitude de chutes d’eau et une jungle fascinante. Cet endroit est aussi un centre culturel avec d’innombrables temples qui en font une une région très spirituelle.

Mon numéro trois est Uluwatu, dans le sud de Bali, où se trouvent toutes les plages d’eau turquoise. Il y a aussi beaucoup de falaises, ce qui lui donne un côté aventureux. La flore y est colorée, et certaines personnes disent que les paysages leur rappellent la Grèce.

 

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Les gens vous connaissent peut-être plus sous le pseudo @7vensuns. Pourriez-vous nous expliquer la signification de votre handle Instagram ?

C’est une histoire assez marrante parce que ça c’est fait de manière assez aléatoire, mais les gens viennent souvent me demander si je me suis inspiré de Game of Thrones ! La vérité, c’est que j’ai créé mon compte de photographie sur Facebook à l’époque où je vivais encore en Lituanie et il fallait juste que je lui trouve un nom. Le sept est un peu mon chiffre magique et aussi cliché que cela puisse paraître, il a plusieurs significations pour moi. J’aime aussi beaucoup capturer le soleil dans mes photos, je suis fascinée par sa luminosité et son atmosphère positive. Pour moi, le nom « seven suns » n’était donc qu’une façon de combiner mes deux choses préférées. Mais l’orthographe correcte était déjà utilisée par un coffee shop spécialisé dans le matcha en Thaïlande, alors j’ai fini par choisir @7vensuns !

Selon vous, qu’est-ce qui rend une photo mémorable ?

D’un point de vue pratique, je pense que c’est une question de lumière. Toutes les photos que j’ai prises et que les gens ont appréciées étaient des photos pour lesquelles j’ai dû devancer la foule, être sur place très tôt et jouer avec les lumières. Les gens sont attirés par la chaleur et la lumière. Si le sujet est une personne, je pense que c’est le sentiment général de la photo qui la rend mémorable. En tant que photographe, le but c’est d’éviter l’imitation et de laisser chaque sujet être aussi naturel qu’il l’est.

Quel est votre point de vue sur le processus d’édition ? Comment votre perspective a-t-elle évolué à ce sujet au fil des ans ? 

C’est une question intéressante car j’y ai beaucoup réfléchi ces derniers temps. Mon point de vue a tellement changé au fil des années. Il y a quelques années, j’ai voyagé en Amérique du Sud et en Amérique centrale et j’y ai réalisé quelques-unes de mes meilleures photos, ce qui n’était pas si difficile, car ces endroits regorgent de paysages à couper le souffle ! À la suite de ce voyage, j’ai obtenu beaucoup de reconnaissance pour mes photos.

Je suis rentré à Londres et j’avais encore tellement de contenu à exploiter. Je me souviens avoir regardé une photo que j’ai prise au Nicaragua d’un feu de de plage resté vivace au lever du soleil. C’était une photo rapide, plutôt simple, il ne s’y passait rien de spécial, mais je l’ai tellement retouchée qu’on a l’impression en la regardant d’être assis sur la plage la nuit, avec un ciel étoilé et ce feu qui brûle. À ce jour, c’est l’une de mes photos les plus vendues. À l’époque, j’ai vraiment apprécié le fait de créer quelque chose d’étonnant à partir d’une chose tout à fait ordinaire.

La même chose s’est produite avec une photo que j’ai prise au Nicaragua, pour laquelle j’ai édité un ciel étoilé et qui a fini par remporter un concours sur la plateforme où je vends mes photos en ligne. En tant que gagnante, j’ai pu créer mes propres préréglages et filtres pour la plateforme. Aujourd’hui, je peux dire que je retouche beaucoup moins mes photos. Je fais des corrections simples et je me concentre davantage sur le moment où il faut prendre les bonnes photos et jouer avec les conditions du moment pour que la photo ne nécessite que peu ou pas d’édition, mais je pense toujours que c’est une partie intéressante du processus.

 

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Quel est le type de photographie dans lequel vous vous sentez le plus à l’aise ? 

D’un point de vue créatif, j’aime capturer la nature : paysages, chutes d’eau, montagnes, points de vue… J’aime me sentir émerveillé par un endroit et le capturer pour que les gens le voient. C’est très gratifiant de découvrir le monde et de pouvoir le partager. Pour ce qui est du travail plus commercial, je pense que la photographie de produits est celle avec laquelle je suis le plus à l’aise, car il est facile de travailler seul pour ce genre de mission, il y a donc un aspect pratique.

Comment espérez-vous que votre travail de photographe impacte les gens ? 

Pour moi, le plus important est de rendre les gens curieux. L’un des plus grands compliments que j’ai reçus est celui d’un type que j’ai croisé par hasard à un concert et qui m’a dit qu’il suivait mon travail sur Instagram depuis deux ans et demi et que je l’avais inspiré à déménager à Bali. C’était tellement inattendu et fou que je me suis juste dit “qui t’a payé pour me dire ça ?!“. Malheureusement, Bali se transforme de plus en plus en un endroit où les gens vont juste d’un point à l’autre, en espérant prendre en photo le post Instagram parfait. Beaucoup d’entre eux ne s’arrêtent pas pour regarder autour d’eux ou essayer de comprendre les communautés locales. Pour moi, avoir un impact sur ce point serait positif.

 

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De quelle manière créez vous un lien avec les personnes que vous photographiez ?

La plupart de mes portraits et photos de rue ont été pris très spontanément, mais je dirais que parler la langue locale est pratique, car il est plus facile de communiquer avec les gens. Le plus important est d’être respectueux : je demande toujours la permission aux gens avant de les photographier. Lorsque je fais des séances photos organisées, j’essaie de présenter à ma muse ou à mon modèle un petit tableau d’ambiance et de les rencontrer avant la séance pour discuter. C’est une façon pour moi de sentir ce que les personnes dégagent, de voir si elles sont plutôt calmes, timides ou si elles ont tendance à se sentir intimidées. En fin de compte, en tant que photographe, le but est de faire en sorte que les gens se sentent à l’aise avec vous, car l’inconfort se voit dans les photos.

Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus dans l’avenir ? 

Je me lance en quelque sorte dans une nouvelle industrie : Bali m’a inspiré le lancement d’une marque de vêtements. J’ai toujours eu un faible pour les kimonos et les robes fluides en général. J’aime la façon dont ils vous donnent l’impression de pouvoir vous réinventer. L’idée m’est venue environ quatre mois après mon arrivée à Bali. Je suis très enthousiaste à l’idée de lancer ma propre marque. J’ai travaillé avec une personne qui m’aide à créer des motifs de surface. Les kimonos seront donc de conception unique. Cette marque est issue de la slow fashion (mode responsable) et a été créée dans un réel souci de durabilité. Elle commencera avec deux modèles de kimonos, et j’espère pouvoir ajouter des chapeaux par la suite.